Une méthode qui a fait ses preuves: le traitement intégratif de l’addiction

 

L’Addictologie Intégrative consiste à intégrer les toutes derniers traitements et connaissances concernant l’addictologie (Psychodrame, Emdr, Entretien Motivationnel, Neurosciences, Mindfulness) mais aussi l’expérience unique des groupes d’anciens addicts tels Alcooliques et Narcotiques Anonymes, la Croix bleue et Smart Recovery, à nos pratiques plus classiques de médecins, psychologues, infirmiers, et autres professions de santé.

Cette méthode de traitement de l’addiction a été scientifiquement étudiée par de nombreux chercheurs (on peut citer, aux USA, le Projet Match (1993,1996), en Finlande l’étude de Keso et Salapuro (1990), en Angleterre, Gossop et All (2003) et encore Timko et Debenedetti (2007). Ces études portant sur des échantillons de patients dépendants traités par différentes méthodes de soin ont régulièrement mis en évidence la supériorité de la méthode Intégrative.

Historique

En France, rappelons que la prise en charge de l’addiction a commencé dans les années 60 autour d’une approche individuelle basée sur le sevrage et la psychothérapie. Dans les années 90, en pleine épidémie du sida et des hépatites, les soins ont connu un changement paradigmatique fondamental centré sur une approche sociétale de santé publique appelée RDR ou Réduction Des Risques. Ce paradigme qui s’incarne par la médicamentation du problème au travers notamment de distribution de produits de substitutions ne permet pas à nos yeux de se libérer d’une addiction mais plutôt de la chroniciser avec l’aide de psychotropes légaux. « Cette politique consiste à renoncer à l’éradication des addictions mais plutôt à vivre avec (les produits)[1]».  C’est pourquoi, en complément au modèle RDR public, nous avons souhaité proposer aux patients francophones, un autre type de prise en charge axée d’avantage sur la thérapie, et la véritable libération des substances addictives.

Il est bien évident que certains patients ayant d’autres psychopathologies que l’addiction devront garder un traitement mais ils sont peu nombreux au regard de tout ceux qui peuvent retrouver leur autonomie par rapport à la dépendance.

Pour ceux qui souhaitent mettre fin à leur dépendance, nous proposons donc notre méthode qui se base sur l’arrêt de la consommation à long terme. A la place des produits de substitution, nous préconisons un sevrage confortable suivi d’un programme de rétablissement contenant et structurant. Selon notre conception de prise en charge, il est tout à fait possible d’accompagner la personne souffrant d’addiction vers une vie épanouie et sans toxique. Dans de nombreux pays (notamment au Royaume-Uni et aux Etats-Unis), l’approche intégrative (inspirée du Modèle Minnesota), combinant la médecine, la psychologie et la méthode des groupes de parole type Alcooliques Anonymes, est devenue la référence en matière de soins car elle a démontré son efficacité pour amener ces personnes vers l’arrêt de leur toxique et pour leur donner la possibilité de reconstruire leur vie. Cette méthode que nous proposons à WH repose sur les principes suivants:

Les Principes

  • Avec l’OMS (1988), nous considérons la dépendance comme une maladie chronique, progressive, primaire et parfois mortelle qui, si elle n’est traitée à temps, se terminera à l’hôpital, en prison ou à la morgue. Chronique car non réversible et primaire car il faut d’abord arrêter l’addiction si l’on souhaite parvenir au rétablissement de la personne. La notion de maladie primaire est pour nous purement pragmatique. Cela signifie qu’on ne peut correctement diagnostiquer et soigner les autres pathologies avant d’avoir régler le problème de consommation d’alcool ou de drogue. Nous ne ne remettons pas en question que l’addiction est symptomatique d’une pathologie psychique mais à un moment, l’addiction prend une autonomie propre. On ne peut guérir l’addiction en traitant la cause.
  • L’addict en début de rétablissement à besoin d’une phase de stabilisation et de réparation adaptée et basée sur un programme structurant et contenant.
  • Le coté physiologique de l’addiction peut être  comparée à une sorte d’allergie.
  • L’abstinence permet d’arrêter l’évolution de l’addiction mais chacun doit respecter le moment propice pour en décider. Néanmoins, inutile de leurrer les addicts en leur laissant croire qu’ils peuvent consommer avec modération. Plus vite, ils connaitront leur pathologie, plus vite ils se rétabliront.
  • Le changement est possible
  • Notre observation clinique montre que la fréquentation des groupes de type « Alcooliques Anonymes » combinée à un suivi professionnel reste aujourd’hui le meilleur moyen d’assurer un rétablissement réel des dépendances. Ce système permettant de construire un programme quotidien étayant et contenant qui va venir suppléer l’effet du produit.
  • L’importance d’un suivi psychologique et médical après la cure des 4 semaines. Le programme “12 étapes” ne peut pas tout régler.

Notre Approche

Après une longue période d’addiction, on observe souvent chez les patients une modification des fonctions cognitives. Les troubles de la pensée, de la mémoire, de l’écoute, de la parole, de la concentration et de la réflexion sont fréquents. Sur le plan psychique, on observe  aussi une élévation des troubles anxieux. A ce stade, le  patient a besoin d’une restauration d’ordre mental et narcissique. Afin de retrouver les éléments de son histoire et d’y mettre du sens, de ressentir les affects et de les lier à ses comportements addictifs,  le patient doit être aidé afin qu’il récupère ses capacités cognitives et une certaine assise narcissique.  Il aura alors la possibilité de reconstruire sa personnalité et ses défenses.  Nous avons constaté que cette reconstruction peut être menée à bien par la conjugaison d’une thérapie individuelle et d’une thérapie groupale

En effet, depuis le début, grâce à ses qualités étayantes et identificatoires, nous avons remarqué que le système groupal contribuait le mieux à la réparation de nos patients. Même si certains le trouvent inconfortable,  il procure un soutien irremplaçable pour les addicts en début de rétablissement. La fréquentation des groupes participe aussi à réintroduire l’altérité et la sociabilité chez l’addict qui aura  vécu dans l’isolement. En complément des groupes et ateliers, un travail avec un thérapeute permet de dessiner avec le patient un soin plus personnalisé et de guider chaque addict dans un parcours individuel de guérison. Notre équipe clinique comprend des professionnels en rétablissement qui connaissent comme personne, les mécanismes de l’addiction, leur conférant une grande crédibilité auprès des patients. Un dernier mot qui a son importance: la thérapie de groupe et les fréquentation des groupes 12 étapes induisent des processus psychiques qu’il est  bon d’analyser avec le thérapeute en individuel.

 

[1] D’après Jauffret-Roustide, 2010, Institut de veille sanitaire